Ceci n'est pas un testament, du moins je l'espère ! Seulement un petit point d'étape. Petit mais long, comme souvent. 

Demain soir, la possibilité de commander sur le site (kerveat.fr) sera interrompue pendant trois semaines. Réouverture le 23 août, ce qui signifie une reprise des expéditions le mercredi 1er septembre.

Quelques mots pour vous dire merci. Je publie ce texte directement sur le site Internet de la ferme botanique parce que tous les clients ne nous suivent pas sur Facebook, loin de là. Et celles et ceux qui n'ont pas Facebook ne reçoivent pas souvent de nouvelles puisque je refuse d'envoyer des lettres d'information. Si l’on en croit les statistiques proposées par ce réseau social, vous êtes environ 1 700 à signifier que vous nous suivez sur Facebook : soit simplement par l’option ‘J’aime la page’ soit par l’abonnement à ses posts pour ne pas en manquer. Et vous êtes 8 900 à venir très régulièrement sur cette page pour prendre des nouvelles de Kerveat.

Merci de suivre régulièrement cette page, et pour quelques-un(e)s d’en commenter souvent les publications. Je lis tous les commentaires mais le plus souvent je ne parviens pas à y réagir. Du reste est-ce vraiment nécessaire, sauf quand vous exprimez des questions précises et que la réponse n'est pas dans le post lui-même ! Honnêtement et je pense que vous en avez conscience, je consacre pas mal de temps à nourrir ce média de photos et d’explications. Je considère que cela fait partie de mon travail et de la mission que je me suis donnée de faire connaître et aimer les aeonium. D'autre part, vous savez bien que j'aime autant prendre des photos que les commenter.

Hubert Debbasch, Ferme de Kerveat

Merci pour vos commandes. Je viens de vérifier les statistiques des ventes. Si l’on compare l’activité depuis le 1er janvier jusqu’à ce jour (24/07/21) avec celle de la même période l’année dernière, les ventes ont augmenté de 350 %. C’est beaucoup. Honnêtement nous ne pourrions pas honorer un volume de ventes beaucoup plus important puisque nous souhaitons rester de taille très modeste et toujours privilégier la qualité à la quantité. Ce qui suscite forcément des frustrations puisqu’il arrive souvent que telle ou telle espèce ne soit plus disponible à la vente. Et je vous rappelle que je supporte très difficilement les pressions pour que tel ou tel cultivar soit plus vite mis en ligne. Ça ne fait rien progresser sauf ma fatigue.

L’incroyable surcroît d’activité de cet hiver et de ce printemps nous a permis de rembourser le prêt que nous avait fait un ami pour nous permettre d’effectuer des investissements importants (serres, ventilateurs, etc.). Une autre bonne nouvelle : il est possible que le nouveau tunnel soit monté dans les jours qui viennent. C’est de plus en plus stressant de voir l’hiver approcher (pardon de dire cela au cœur de l’été) sans avoir l’équipement nécessaire pour protéger une grande partie de la production.

Le très bon niveau de ventes a également permis l’acquisition de nouveaux cultivars en provenance de pays lointains mais sur ce point il y a autant d’échecs que de succès. Les pertes de plants sont telles que l’activité n’a aucun intérêt économique pour nous. Vous permettre de connaître et de cultiver ces nouvelles variétés constitue l’essentiel mais ça ne peut pas se faire au détriment de l'équilibre économique de notre micro entreprise agricole. Ça reste une préoccupation et un point de vigilance pour nous, et ce d’autant plus que la course au cultivar variegata n’en est qu’à son début. Nous ne voulons pas tomber dans le piège, et ce d’autant moins que les cultivars Made in China ne sont pas dépourvus de faiblesses tout en n’étant pas toujours au sommet de la grâce ni de l’esthétique.

En termes de production, ne soyez pas surpris par l’offre disponible au début du mois de septembre. Il est possible qu’elle ne soit pas très différente de l’actuelle parce que bien des espèces ou cultivars que vous attendez seront disponibles plus tard : en octobre, en décembre ou en 2022 suivant les cas.

Quelques points plus difficiles :

- Nous ne sommes pas encore au top pour gérer les aléas climatiques. Les gelées inhabituelles de l’hiver dernier mais aussi les températures exceptionnellement chaudes des derniers jours entraînent des pertes ou des détériorations de plantes. Je suis toujours triste et désolé dans ces cas-là et je ressens également un sentiment de honte : nous donnons des conseils de culture très avisés et nous ne les appliquons pas toujours chez nous. Cependant, et vous le savez bien vous-même, on ne dispose pas toujours des moyens humains ni des équipements nécessaires pour protéger des aléas climatiques nos plantes très aimées. On sait ce qu’il faut faire pour bien faire mais on n’a pas toujours la possibilité de le faire !!!

- Je n’ai pas progressé d’un iota dans l’écriture de mon livre depuis le mois de mars. Écrire un post sur Facebook ne fait pas appel aux mêmes ressources intérieures que de rédiger chaque jour quelques pages d’un livre. J’en arrive au point où je ne sais plus si je serai capable de mener à son terme ce projet d’édition et cela me peine. Peut-être les longues nuits d’hiver favoriseront-elles la reprise en mains et en esprit du projet ? Le simple fait de l’espérer me permet d’avancer.

- Le handicap dont je souffre (une maladie génétique dont je ne souhaite pas parler plus avant et je n’aime pas du tout les questions indiscrètes de personnes qui veulent en savoir davantage !) est pesant et ne me permet jamais de savoir à l’avance ce que je pourrai faire dans un moment. J'en fais beaucoup mais je n’ai aucune idée du temps pendant lequel ça pourra durer.

- Les fêtes des plantes : je suis tenté de ne plus participer à aucune. Elles me prennent trop de temps et surtout trop d’énergie. J’en reviens à chaque fois complètement vidé. Mon travail est de ce fait interrompu avant la fête pour la préparer, pendant la fête pour y participer et après la fête pour m’en remettre ! L’avantage évident de ces événements, c’est de pouvoir vous rencontrer. La dimension économique de ces manifestations ne m’intéresse pas. Je vais tenter de résister à la tentation d’arrêter totalement mais je pense participer à trois ou quatre fêtes des plantes maximum par an. Pas plus.

Je pars dans quelques jours à l’étranger pour une nouvelle mission botanique. J’oubliais de dire que les ventes aident aussi à financer cela. C’est vous qui payez mes vacances ! Mais ce sont des vacances très studieuses et souvent éreintantes. Il s’agit de crapahuter de collines en montagnes et de rouler de région en région. Cette fois il y aura des dizaines d’heures de route parce que les distances entre les sites sont parfois considérables. Vous savez que ces missions botaniques constituent un élément essentiel dans mon travail. Il n’y a aucune chance qu’un institut de recherche, qu’il soit public ou privé, envisage un jour de mettre de tels moyens dans le seul but de favoriser la connaissance des aeonium. Et si vous saviez le nombre de bêtises, d’erreurs et d’approximations que contiennent les études les plus autorisées sur les aeonium, vous comprendriez mieux encore ma motivation à poursuivre ces recherches de terrain.

Je ne sais pas encore si les circonstances me permettront de vous donner quelques nouvelles au cours de la mission botanique. C’est possible. Sinon ce sera au retour.

Encore merci à toutes et à tous. Bon été et à bientôt.

Hubert Debbasch

Hubert Debbasch, Ferme de Kerveat

© Bruno Giraud